La fermeture par la Haac de certains organes de presse, le torchon brûle entre l’instance de régulation et les professionnels des médias. Avant que les choses ne s’enveniment, il urge qu’un terrain d’entente soit trouvé pour une sortie de crise définitive.

Entre l’autorité de régulation et les associations des professionnels des médias, les choses semblent vouloir prendre une mauvaise tournure. Cette mesure de la Haac qui met au chômage technique nombre de professionnels des médias, fait toujours couler beaucoup d’encre et de salive. En novembre dernier, on se rappelle, par mesures conservatoires, l’autorité de régulation avait mis sous-scellé 7 organes. Depuis, les choses s’enlisent, et le débat devient de plus en plus vif entre les parties prenantes. Après un sit-in avorté la semaine dernière, les professionnels sous la férule de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), avaient projeté un autre sit-in pour aujourd’hui mercredi 18 janvier. Ce deuxième, comme le premier, qui devrait se tenir dans l’enceinte de la Haac, et dont l’objectif était de maintenir la pression sur l’instance, n’aura visiblement pas lieu. Selon un communiqué diffusé hier dans la soirée, l’Upmb appelle les professionnels des médias à se retrouver à la Bourse du travail, suite à une lettre d’interdiction du sit-in reçue de la Haac. Si l’on peut considérer que le point de retour n’est pas encore atteint, il faut s’avouer quand même que la crise est là. Selon l’Upmb, la Haac n’aurait pas honoré ses promesses de parer au plus tôt aux remous suscités par la fermeture des organes de presse. Cette mesure, même si elle semble justifiée par l’institution, n’a pas reçu l’approbation de tous. Beaucoup avaient suggéré à l’institution de revoir sa copie, et de surseoir aux mesures conservatoires. L’organisation à Cotonou, de la 8ème Conférence des instances de régulation de communication d’Afrique (Circaf) les 6, 7 et 8 décembre 2016, avait permis de baisser la tension et d’observer un temps de répit. Les différents protagonistes s’étaient promis d’observer une pause et de continuer les discussions après le séminaire de Cotonou. Mais, depuis le silence de l’instance de régulation plombe et plonge définitivement les espoirs aux calendes grecques. L’émoi suscité par la fermeture de ces organes fait échos aux heures sombres vécues sous d’autres régimes. Il faut noter la lenteur de la réaction des associations faitières, qui auraient dû faire bloc contre plus tôt contre la décision de la Haac. Là, le mal est fait. Il ne servirait à rien que les associations et la Haac aillent au divorce total et se braquent les uns contre les autres.

W.N